IBK ET LES TIMIDES AVANCÉES DU PROCESSUS DE PAIX

IBK ET LA PROMESSE DE PAIX, QUE DE TIÈDES AVANCÉES


En 2013, ils étaient 77,61% des électeurs à accorder leur confiance au candidat Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en lui confiant les clés du palais présidentiel de Koulouba, les clé du coffre (les finances), le bâton de commandement de l’armée et le glaive pour cinq ans. Quatre choses qui incarnent tout régime : le pouvoir, l’argent, la puissance armée et la justice. L’enjeu était de taille d’autant plus que l’Etat malien a été décimé jusqu’à sa portion congrue après l’occupation des trois régions septentrionales (Tombouctou, Gao et Kidal) par des irrédentistes et des terroristes en 2012. Un coup d’Etat perpétré par un groupe de militaires dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo a donné un coup de grâce aux institutions démocratiquement établies. IBK en venant aux affaires avait battu campagne en promettant aux Maliens « le bonheur », par la restauration de l’intégrité territoriale, la réconciliation nationale, la reconstruction et l’équipement de l’armée, la relance de l’économie nationale, la lutte contre la corruption et la fin de l’impunité. A propos IBK a affirmé que la main qui tient le glaive ne tremblera pas. Le rapport de confiance entre IBK et le peuple malien était tel qu’IBK aura un surnom « kankélé tigui » (en bambara l’homme qui n’a qu’une seule parole).


SÉCURITÉ, PAIX ET DÉFENSE


En fin mars et début avril 2012 les trois régions dans le nord du Mali (Kidal, Gao et Tombouctou) ont été envahies et assiégées par des groupes armés, qui pour y instaurer le séparatisme par le biais de l’irrédentisme ; qui pour instituer un islamisme radical au Mali au moyen d’un djihadisme infernal imposer à une population déjà fortement islamisée depuis des siècles. Il a fallu la prompte intervention militaire de la France et du reste de la communauté internationale pour stopper l’envahissement de ces forces coalisées qui étaient déterminées pour conquérir l’ensemble du Mali. Mais le ver étaitdéjà dans le fruit : l’armée malienne, structurellement était mal au point en équipement et en personnel, le territoire est vaste et l’Etat a abandonné les zones de conflit. Après une transition sous tutelle de la communauté internationale, beaucoup de Malien voyaient en IBK, l’homme de la situation, vu son passé où il a largement contribué à sauver le régime d’Alpha Oumar Konaré pendant la crise scolaire de 2004 et 2005. Ainsi vu ce contexte d’insécurité généralisée et d’instabilité politico-militaire, le tournant de l’histoire confiait ainsi à IBK une double mission fondamentale : d’une part restaurer l’intégrité territoriale, sceller l’unité nationale et d’autre part reconstruire et équiper l’armée.


ACCORD DE PAIX : TIMIDES AVANCÉES


Pour atteindre cet objectif, le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta a réussi à stopper les affrontements entre les forces armées et de sécurité du Mali (FAMA) et les différents groupes armés (Plateforme et Coordination des mouvements de l’azawad, cma) avec la signature d’un accord de paix les 15 mai et 20 juin 2015. Cet accord dit « accord pour la paix et la réconciliation au Mali » a permis l’installation des autorités intérimaires dans les régions septentrionales pour faire fonctionner les collectivités en attendant la tenue des élections. Un travail qui n’a pas été facile avec la création de nouveaux groupes armés non signataires de l’accord. L’accord de paix a permis également des patrouilles mixtes (FAMA, Plateforme et Cma et certains groupes armés non signataires de l’accord) avec l’accompagnement de la MINUSMA (Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) dans les régions du nord afin de traquer et neutraliser les groupes armés terroristes (GAT). En outre les groupes armés ont reconnu, même si on en est encore stade théorique et sur papier, l’intégrité territoriale et l’unité nationale du Mali. Ainsi des responsables des groupes armés, notamment de la CMA, sont devenus fréquentables et circulent librement au Mali, notamment à Bamako avec d’ailleurs les moyens logistiques et de protection de l’Etat lors des événements. Cependant jusqu’au début des présentes campagnes électorales, l’inverse n’est pas possible, c’est-à-dire que les autorités maliennes ne peuvent aller librement à Kidal. Les limites de l’accord de paix sont nombreuses et cuisantes.

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