MENDICITÉ DES ENFANTS TALIBÉS : EXPLOITATION SOUS LE COUVERT DE LA RELIGION

« Mendier est un acte d’adoration de Dieu, car même si on a les moyens de s’approprier tout, il faut nécessairement aller dans les rues pour comprendre les difficultés des pauvres »

Ces propos sont d’un maître coranique qui tente de justifier cette forme d’exploitation des jeunes talibés dont il est chargé de leur enseigner le coran.

Au Mali, les daaras sont des écoles coraniques où des aspirants, de jeunes enfants appelés les talibés, sont mis à disposition d’un maître spirituel pour leur éducation « spirituelle et morale ». Souvent originaires de régions rurales, ces enfants talibés sont confiés par leurs familles, généralement très pauvres, à l’enseignement et au soin d’un maître coranique, parfois très loin de chez eux, pour leur apprendre les valeurs islamiques.

La plupart de ces maîtres coraniques ne sont pas en mesure de couvrir les besoins des talibés, les enfants sont donc contraints de mendier.

La mendicité des talibés a pris de l’ampleur dans la capitale malienne et elle est devenue plus une activité génératrice de revenue qu’un acte d’adoration de Dieu.

Fréquents sur les lieux publics, dans les rues, aux feux tricolores et se faufilant entre les véhicules dans la circulation à longueur de journée, on aperçoit des jeunes enfants dont l’âge varie entre 5 et 15 ans, demandant l’aumône aux passants, souvent de façon agressive. Ils sont ainsi exposés aux accidents, aux maladies, à la famine et à toutes sortes d’insécurité.

En effet, ces jeunes enfants talibés sont contraints de mendier pour amener quotidiennement une somme d’argent imposée (entre 500 et 750 FCFA) par ceux qui sont censés les protéger, leurs maîtres coraniques. La quête des enfants apporte un revenu non négligeable au maître, pour lequel ces enfants deviennent alors un moyen d’existence. Lorsque les enfants ne rapportent pas en fin de journée la somme fixée par le maître, ils peuvent être soumis à de mauvais traitements et à diverses formes de violences, leur obligeant ainsi à dormir dans la rue par peur d’être punis par leur « Karamôgô ».

Les organisations de la société civile ainsi que celles de la défense des droits des enfants sont interpellées afin de trouver des solutions idoines et définitives à ce phénomène récurrent qui n’honore pas la religion musulmane.

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