MARIAGES PRÉCOCES AU MALI 

Le calvaire des jeunes filles

Le chiffre fait froid dans le dos : le Mali affiche un taux de mariage précoce de 55%.
Une étude de l’UNICEF réalisée en 2014, classait le Mali au 2e rang ouest-africain après le Niger et 4e place mondiale avec un taux de prévalence de 55 % de mariage précoce, malgré les conséquences assez dramatiques de ce phénomène sur les filles.

Le phénomène a d’énormes conséquences sociales, économiques, psychologiques sur les filles qui en sont victimes. Au Mali, le mariage de petites filles en âge d’être scolarisées représente l’une des principales causes du décrochage scolaire chez les filles âgées de 10 à 14 ans, et contribue aux inégalités de genre, dans l’accès à l’éducation et à la santé », selon le Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille Bintou Founé Samaké.

Elles sont nombreuses à être données en mariage précoce (entre 13 et 16 ans) dans les mosquées sous l’œil complice des parents et des autorités coutumières et religieuses. Ce phénomène de mariage prématuré des jeunes enfants est surtout récurrent dans les premières et cinquième régions du Mali.

Arkia, du haut de ses 14 ans a été donnée en mariage à un homme de plus de 12 ans son ainé alors qu’elle fréquentait encore l’école primaire. Malgré sa résistance et son refus, la famille de Arkia ne s’est pas gênée à célébrer son mariage religieux à la mosquée de son quartier dans la périphérie de Bamako. La conséquence directe de cette union est que la jeune fille est tombée rapidement enceinte, du fait de son jeune âge et de sa morphologie, elle a eu des complications liées à sa grossesse et elle a failli y perdre la vie. Ainsi, des milliers de filles sont déscolarisées chaque année pour former un foyer conjugal avec la complicité des parents et des autorités coutumières.
Quelles solutions pour mettre fin aux mariages précoces au Mali ?

Il est nécessaire de mettre en place des actions de sensibilisation pour conduire à un changement de comportement et conduire à l’abandon de cette pratique. L’augmentation du taux de croissance de scolarisation des filles, l’autonomisation des jeunes filles à travers l’entrepreneuriat féminin en les initiant à des activités génératrices de revenu sont entre autres moyens qui contribueront à long terme à mettre fin au mariage précoce et forcé des jeunes enfants. Une jeune entrepreneure aura plus de marge de manœuvre pour décider de son destin et de fait, sera moins susceptible d’être victime de mariage précoce. Une tâche à laquelle doivent s’atteler les autorités ainsi que les ONG en charge de la protection et de la promotion des enfants.

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