Financement des partis: Le gel de l’aide publique irrite les formations politiques

 

Le Premier ministre est sous le feu des critiques pour avoir délibérément choisi d’assécher les finances des partis politiques. Depuis son arrivée aux affaires, Moctar Ouane travaille sur instruction de ses chefs qui ne veulent pas que les formations partisanes obtiennent l’aide allouée. Sa mission serait de les appauvrir avant la présidentielle de 2022 afin de favoriser le probable candidat du pouvoir.

Le financement des partis politique est un droit reconnu par la Constitution malienne, et rien ne devrait justifier la confiscation de cette source financière. Le PM bloque sciemment le fonds destiné aux partis sans donner des explications sur cette avarie incompréhensible. Pour de nombreux responsables politiques, il s’agit de la manifestation de l’hostilité envers les partis que l’on veut écarter de la course vers la présidence de la République. 

Ces derniers ont besoin de cet argent pour mieux restructurer leurs bases électorales à travers le pays. Le renouvellement des instances des partis et l’entretien des sièges coûtent extrêmement chers. Privés du financement public, ils seront affaiblis face à des concurrents subtils et plein de frics. Il ne restera au candidat soutenu par le pouvoir qu’à sortir de l’ombre pour occuper KOULOUBA avec la complicité de l’administration. 

Dès son arrivée à la Primature, Moctar Ouane a commencé à isoler les partis politiques dans tout ce qu’il a entrepris. Le choix des ministres a été fait à leur détriment : aucun d’eux n’est représenté dans le gouvernement. Ensuite, le dialogue n’a été établi entre le Premier ministre et les partis politiques qu’après une longue période de silence des autorités de la transition sur l’implication de la classe politique et de la société civile dans le processus de refondation de la nation. 

Les partis politiques ayant compris le jeu du PM s’organisent pour porter la riposte nécessaire. Certains ont donné le ton il y a quelques semaines en demandant la démission de Moctar Ouane. Si c’est pour violer les lois du pays et causer des ennuis aux partis politiques, il n’a aucune raison d’être aux affaires. Son gouvernement se doit de régler la facture des partis politiques : ils ont droit à ce financement obtenu de haute lutte par le peuple contre la dictature. 

Le Président de la transition a aussi sa part de responsabilité dans le gel du financement des partis politiques. On se demande ce que les formations partisanes ont bien pu faire de pire pour mériter un tel sort de la part des actuelles autorités. C’est seulement au Mali qu’un Premier ministre et son Président osent fermer le robinet aux organisations politiques qui n’ont pas démérité du tout. Bah N’Daw et Moctar Ouane doivent rompre le silence autour de cette question qui est d’une importance capitale pour la bonne marche de la démocratie. 

Soumaila Diarra 

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