MUTILATIONS GENITALES FEMININES OU L’EXCISION : LE DROIT D’ETRE UNE FEMME « ENTIERE »

Les mutilations génitales féminines (MGF)communément appelées “ Excision’’ désignent toutes les pratiques chirurgicales consistant à faire une ablation en partie ou en intégralité des organes génitaux externes de la femme.

 

Ces pratiques qui portent atteinte à l’intégrité physique de la femme ont existé avant le christianisme ou même l’islam. Certains chercheurs en sciences sociales pensent que l’excision était pratiquée sur les femmes dans la société pharaonique par les classes sociales les plus élevées.

Par phénomène d’imitation sociale, la pratique s’est progressivement répandue dans l’ensemble de la société, les classes sociales moins élevées ayant commencé à exciser leurs filles pour pouvoir les marier aux hommes de rang supérieur. La pratique se serait ensuite répandue vers l’ouest de l’Afrique. Les groupes ethniques se sont appropriés l’excision et l’ont intégrée dans leurs propres traditions, c’est pourquoi une multitude de justifications peuvent aujourd’hui être invoquées par les groupes qui perpétuent la pratique. 

Dans certaines régions du monde, les jeunes filles subissent les mutilations génitales pour des raisons religieuses, culturelles, sociologiques ou même esthétiques ! Les communautés qui ont recours à la pratique de l’excision disent la faire pour atténuer le désir sexuel chez la femme, préserver la chasteté et la virginité avant le mariage ainsi que la fidélité pendant le mariage, augmenter la fécondité de la femme ; accroître le plaisir sexuel de l’homme entre autres. 

Les mentalités, traditions, coutumes et croyances doivent évoluer : les mutilations génitales féminines sont fondées sur des croyances traditionnelles et sur l’ignorance. Les parents n’ont souvent pas conscience des dangers que représentent ces pratiques, ou ils les jugent légitimes pour des raisons culturelles. 

L’ excision cause des préjudices irréparables tels que la mort, par hémorragie due à des saignements abondants ; par choc neurogénique dû à la douleur et au traumatisme, ou à la suite d’une infection grave et généralisée et d’une septicémie. 

Ce fléau serait pratiqué dans une vingtaine de pays d’Afrique et du Moyen-Orient ainsi que certaines communautés d’Asie. On estime que de 100 à 130 millions de femmes ont été victimes d’excision en Afrique. L’âge des enfants et les jeunes filles qui subissent les MGF varie généralement entre 6 mois à 14 ans. 

L’excision reste cependant une pratique profondément ancrée dans la société malienne avec un taux de prévalence le plus élevé de plus de 85%. Selon le Programme National de Lutte contre l’Excision (PNLE), l’excision a touché 85% des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) en 2014. 

L’UNICEF relève le chiffre de 89% chez les 15-49 ans entre 2004 et 2015. L’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-V 2012-2013) relevait un taux de prévalence de 69% chez les filles de 0 à 14 ans, 83% chez les filles de 10 à 14 ans et 91% chez les femmes âgées de 15 à 49 ans dans les 5 premières régions du Mali et le District de Bamako ayant subi l’excision.  

La plupart des excisions sont pratiquées par des praticiens locaux, essentiellement des exciseuses traditionnelles. L’enquête révèle même que le recours à une exciseuse concernait 88 % des excisions parmi les femmes de 15-49 ans mais 92 % parmi les filles de  0 à 14 ans. Cela met ainsi en lumière l’emprise traditionnelle très forte dans la société malienne. 73% des femmes excisées l’ont été avant l’âge de 5 ans.  

Selon cette enquête nationale parue en 2014, la pratique est moins répandue au Nord du Mali et les ethnies où la prévalence est la plus faible sont les Sonrhaï (60%), les Tamashek/Bella (63%) et les Bobo (64%). Les variations selon les différentes caractéristiques socio-démographiques sont très faibles. La prévalence apparaît néanmoins plus faible chez les chrétiennes (65 %) et les animistes (77) % que chez les musulmanes (93%). 

AISSATA TRAORÉ

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