Exploitation du bois: La ministre lève la suspension, les djihadistes dans le bois

Contre vents et marées, la ministre de l’Environnement maintient la levée de la suspension de l’exploitation du bois de sciage. Bernadette Keïta qui multiplie les sorties pour justifier sa décision peine à convaincre l’opinion sur le bien-fondé de sa décision. Mais c’était sans compter sur la détermination des djihadistes qui sont dans le bois et multiplient les hostilités à l’endroit des agents des eaux et forêts.

Les djihadistes ciblent particulièrement des agents de l’Etat dans les zones où ils opèrent. La décision de Bernadette Keïta de livrer le peu d’arbres qui reste au Mali aux tronçonneuses trouve ainsi des opposants inopinés. En effet, les ONG et les défenseurs de l’environnement ont tout fait pour dissuader la ministre de l’Environnement. Mais elle n’a écouté que sa logique de faire des recettes sur la coupe des arbres dans un pays en proie à la désertification comme le Mali. Seule la cupidité des bénéficiaires de la décision de la levée de la suspension ne s’indigne pas.

Le seul frein à cette la levée insensée est la présence des djihadistes dans les zones forestières. Comme une punition divine, la décision de Bernadette Keïta coïncide avec la ruée des islamistes vers les sous-bois maliens dans les régions de Koulikoro, Kayes et Sikasso. C’est ainsi que pas moins de trois attaques ont ciblé les agents des eaux et forêts, endeuillant les familles qui n’ont rien demandé.

Le combat de la ministre de l’Environnement devrait être de planter des arbres afin de combler le vide en matière de déforestation. Des environs de Bamako à plusieurs autres endroits du pays, la coupe abusive a détruit le couvert végétal en contribuant à l’augmentation de la chaleur dans les centres urbains où la population ne fait qu’agrandir.

En ordonnant l’abattage des arbres pour chercher de l’argent, Bernadette Keïta viole également des engagements du Mali envers la lutte contre le changement climatique. Les forêts pluviales sont des trésors fragiles que les défenseurs du climat veulent protéger à tout prix. On se demande bien comment la ministre de l’Environnement défendra sa décision devant la communauté internationale.

SOUMAILA DIARRA

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