DIVORCE OU SÉPARATION DES PARENTS : QUELS IMPACTS SUR LES ENFANTS

Juridiquement, on parle de divorce lorsque la rupture du lien conjugal est prononcée par un juge. Un divorce arrangé par les époux concernés ou par leurs familles, encore appelé divorce par consentement, sans l’intervention d’un juge n’est pas valable devant la loi. Notre dossier du jour parle sur la séparation du corps , provisoire ou définitive !

Chaque année, des millions d’enfants à travers le monde font face à l’éclatement de leur famille à cause du divorce ou de la séparation des parents. Et le constat est amer : le taux de divorce est de plus en plus croissant au fil des années. Que ce soit par consentement ou contentieux, les enfants sont les victimes collatérales du divorce. Stress, anxiété, dépression, manque de confiance en soi … sont entre autres les conséquences directes pouvant entrainer un chamboulement dans la vie de l’enfant.

C’est d’aileurs l’une des raison d’un échec scolaire à court, moyen ou long terme. Les enfants en âge préscolaire peuvent présenter des comportements régressifs, des sentiments de culpabilité, des troubles du langage, de l’anxiété et de la tristesse avec une baisse du rendement scolaire, une faible adaptation psychologique, sociale et émotionnelle. Souvent, leur santé mentale est aussi compromise.

Les spécialistes en comportement des enfants s’accordent à dire que la meilleure façon de gérer un divorce ou une séparation avec les enfants c’est de laisser l’enfant parler à l’autre parent chaque fois qu’il en a besoin. Tentez de démontrer de l’intérêt envers le temps qu’il passe avec l’autre parent. Une autre solution c’est de ne pas laisser croire à votre enfant, par des mots ou des gestes, qu’il fait preuve de déloyauté s’il a du plaisir lorsqu’il n’est pas avec vous.

Généralement, la principale cause de divorce est imputée à l’infidélité. Près de 30% des demandes en la matière font suite à une relation extraconjugale de l’un des conjoints. Viennent ensuite les problèmes d’incompatibilité de caractère ou d’humeur, les soucis familiaux etc.

Au Mali, ces dernières années ont vu une recrudescence du taux de divorce à tel point que l’on l’assimile à un phénomène de mode. En 2017, selon une enquête de l’Institut national de la statistique, le nombre de divorces enregistrés, était de 126 286 cas : la majorité des cas émane des femmes avec 96 049 et 30 236 à la demande des hommes. Cette même enquête conclut que « les divorcés sont plus nombreux dans le District de Bamako avec 2,5%. Ensuite viennent les régions de Ségou et Sikasso avec respectivement 1,5% chacune (identique à la moyenne nationale). La région de Gao avec 0,5% enregistre la plus faible proportion de personnes divorcées, suivie de Tombouctou et Kayes avec 0,7% chacune ».

Tenez vous bien ! l’année 2020 a enregistré un taux de divorce de 140 000 cas sur toute l’étendue du territoire malien. Un chiffre qui fait froid dans le dos vu le nombre élevé de mariages auxquels on assiste dans les centres d’états civils les jeudis et les dimanches.

On ne doit pas omettre le ramadan qui reste une période où la société est envahie par les weedings dans tous les sens. Sauf que le paradoxe est qu’avant les 4 semaines du mois saint , beaucoup se retrouvent face au juge , pour « insuffisances de résultats conjugaux»

Le sociologue Lamissa D. estime que cette augmentation des cas reste une préoccupation sociétale. A ses yeux , c’est une série de phénomènes de distanciation, dont le premier c’est l’éloignement de l’individu par rapport à la famille. C’est à l’intérieur de la famille qu’on inculque à l’individu un certain nombre de valeurs qui, par la suite, impriment une orientation dans sa vie. Le deuxième éloignement, c’est par rapport à certaines valeurs sociétales comme le sacré. « Aujourd’hui, le sacré a cédé la place au matériel. Et au final on assiste à une « monétisation » des relations sociales » a-t-il jugé

AISSATA TRAORE

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