Kati : Les ferments de l’ébullition d’un camp

Démunis face à des hommes armés avides de pouvoir et d’argent, les hommes politiques ne savent plus sur quels pieds danser. Le camp de Kati devenu tristement célèbre à cause des coups d’Etat révèle un grand malaise démocratique, et surtout la faiblesse de défense des acquis du peuple, qui ne peut compter que sur le hasard pour sortir de l’impasse actuelle.

D’emblée , le plus difficile est de pouvoir conjurer le mauvais sort qui s’abat sur l’armée elle-même à cause de son incapacité à accomplir ses missions de protection du pays.

C’est un mauvais signal qu’Assimi Goïta envoie aux autres militaires qui voient bien qu’ils peuvent s’inspirer de l’action subversive dont il est l’auteur et certainement le grand bénéficiaire. Sur le terrain, la situation de l’armée n’est pas des plus enviables face à un ennemi déterminé à étendre son espace de domination au prix de ruses et de faits d’armes sanglants.

La classe politique dépassée par la situation scrute le ciel et implore qu’il lui vienne en aide afin de mettre les putschistes sur le droit chemin. Assimi qui est devenu le recordman des coups d’Etat en faisant deux interruptions du processus démocratique , incarne une menace pour la quiétude des démocraties. Il s’est surement inspiré du cas de 2012 dont le cerveau Amadou Aya Sanogo a été épargné malgré les horribles choses dont il a été accusées.

Le coup d’Etat contre le pouvoir d’un homme qui n’attendait que la fin de son mandat a ouvert la boite de pandore. Ce sont les mêmes éléments de Kati qui ont fait chuter le régime d’IBK en 2020. Et chaque fois, les auteurs du coup de force se présentent avec des arguments creux, incapables de convaincre la population sur le bien-fondé de leurs actes qui sont en contradiction avec la réalité du terrain.

Ce qui se passe, c’est que l’instabilité chronique du pays et l’embourbement de l’armée dans un conflit complexe sont les ferments de l’ébullition continue de Kati. Les hommes de ce camp payent le plus lourd tribut aux islamistes qui avaient notamment pris en otage, Assimi Goïta quelques années plus tôt. Le pire, c’est que les putschistes, sans stratégie, se livrent et affaiblissent davantage le pays sans apporter la moindre solution.

Désormais validé par la CEDEAO, le tout-puissant est désormais President plein du Mali. On verra bien ce qu’il fera concrètement vu que ces prédécesseurs étaient des obstacles à ses dires.

Reste que les défis sont légion pour se surpasser en 9 mois encore que l’opinion attend de voir l’issue de son couple avec Choguel Maiga qui occupera la Primature.

SOUMAILA DIARRA

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