JUSTICE : Kassongué, finalement garde des sceaux

Dès la publication de la liste des ministres du nouveau gouvernement, les regards se sont tournés vers Mamadou Kassongué qui hérite de la Justice et des Droits de l’homme. Les Maliens qui ont soif de justice veulent surtout des résultats de la part de l’ancien patron du pôle économique et financier et attendent des actes concrets en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière. Reste à savoir si Kassongué sera à la hauteur des attentes en ouvrant la chasse aux loups de la République.

Avant sa nomination, il avait ouvert des dossiers brûlants dont ceux relatifs à la vente des immeubles de l’Etat que l’on soupçonne d’être vendus à vils prix pour enrichir de hauts cadres. La plupart de ces édifices se trouvent à Bamako, notamment au centre commercial, le cœur battant de l’économie de la capitale. Tour à tour, ces immeubles ont été cédés clandestinement à des opérateurs économiques au grand dam des services publics se trouvant dans ces bâtiments construits depuis l’époque coloniale pour la plupart.

Depuis l’annonce de l’ouverture d’enquêtes sur ces présumées transactions illicites, rien n’a filtré des investigations. En tant que ministre de la Justice, il a enfin l’occasion de contribuer à faire avancer les enquêtes. Son successeur au pôle économique et financier a tout le soutien qu’il faut sur le plan politique et administratif pour mettre le grappin sur les coupables de la cession de ces biens de l’Etat.

En réalité, Mamadou Kassongué a une obligation de résultats. Son prédécesseur Malick Coulibaly a entamé une œuvre de salubrité judiciaire qui doit se poursuivre. Mais après le départ de ce dernier du gouvernement, Kassongué n’a pas su mener à bout les poursuites judiciaires enclenchées contre des délinquants financiers. Au contraire, on a assisté à la libération conditionnelle de prévenus qui n’ont pas encore été jugés. Pire , contre le paiement de fortes sommes, les voleurs de deniers publics s’en sortent facilement.

Les nombreux dossiers transmis à la justice par des institutions d’audit et de contrôle n’ont pas été ouverts par le procureur dont la réputation d’homme intègre est devenue proverbiale. On peut donc se poser la question de savoir ce qui bloquait Kassongué dans son travail ? Pour certains, le manque de volonté politique y est pour quelque chose.

Mamadou Kassogué qui faisait un tandem avec Malick Coulibaly a l’occasion de poursuivre le chantier du renouveau de la justice malienne.

SOUMAILA DIARRA

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