» Cette masse qu’on mobilise seulement pour les élections , doit se mobiliser à tout instant pour que la chose politique lui revienne »

La chose politique

Elle fait peur, elle répugne, elle intimide. La chose politique semble loin de certains de nos concitoyens pour des raisons presque naturelles, quand on sait l’inaccessibilité et la perversion du concept, la barrière de la langue, les besoins primaires non satisfaits etc.

Et, aujourd’hui, beaucoup d’autres s’en éloignent pour des desiderata qui trouvent leur origine dans la conduite de l’action politique depuis trois décennies dans notre pays.

Les uns n’y ont pas accès ou devrais-je dire ne peuvent y avoir accès et les autres la fuient comme la peste, bien qu’ayant les moyens (aussi divers que multiformes). Depuis les années 2000, ce contraste rythme la vie politique au Mali.

Autant, l’avènement de la démocratie avait suscité une vague d’intérêt de la chose politique que je peux représenter par la jeunesse des acteurs du mouvement démocratique en 1991 (On peut citer Mariko, Mountaga Tall et autres…) et par les taux de participation aux différentes élections, autant les réalités politiques ont tenu à distance la jeunesse malienne, les femmes, les acteurs du privé, le monde rural etc. loin de l’exercice véritable de la démocratie.

Ils sont devenus des bêches auquel les « sachants de la politique » recourent pour bêcher leur propre champ. Cette masse qu’on mobilise seulement pour les élections doit, aujourd’hui face au danger de la déliquescence de notre État et de notre Nation, se mobiliser en tout temps et à tout instant pour que la chose politique lui revienne définitivement.

Quand le peuple acceptera de jouer pleinement son rôle, notre démocratie s’en trouvera solidifiée et résistante aux turbulences institutionnelles et parfois armées. Quand nous nous engagerons assez fortement dans le choix de tous nos élus, quand nous exigerons des résultats de nos élus et le respect du devoir de rendre compte, quand nous sanctionnerons les manquements dans les urnes, nous aurons acquis le plein droit de nous satisfaire de notre lègue aux générations futures.

Rendons, pour cela, la politique accessible à tous par le truchement d’un choix assumé de la formation politique (l’école du parti à l’époque peut en inspirer d’autres), par le truchement d’un débat politique en langue nationale et surtout par celui d’une démystification de la politique.
Soyons des acteurs !

MAMADOU HABIB DIALLO
Professeur, citoyen du monde

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