« Il ne faut pas faire d’amalgame autour de l’inclusion » dixit Fodé Mohamed Soumah , 5ème Vice-président sortant du Parlement guinéen

Président de la formation Génération Citoyenne , l’Honorable Soumah siégeait à l’Assemblée Nationale avant le coup d’État. Il donne sa lecture sur l’avenir de la Guinée , rappelant avoir mis en garde le Président déchu sur ses dérives. En plus de mettre en avant les objectifs de sa coalition CORED, il s’exprime sans langue de bois sur sa lecture de la Transition.

Bonjour Honorable, Que doit-on retenir de cette fin du régime du Pr Alpha Condé ?

La désolation et beaucoup de tension perceptible au sein des populations, ici et à l’étranger. Un débat clivant. Des emprisonnements. Des interdictions d’entrée et de sortie du territoire. L’arrogance du pouvoir. La corruption et la gabegie perceptibles. Ce cocktail explosif était devenu une véritable usine à gaz.

C’est pourquoi, le coup de force a été accueilli comme un soulagement. Ce qui parait tout de même extraordinaire !


Quelle est la mesure phare à votre avis, qui représente la priorité absolue ? Croyez-vous qu’on pourra éviter les erreurs vécues avec Dadis ?

La priorité à mon sens est de s’atteler à la rentrée des classes, en marge des concertations. D’ailleurs j’eus préféré des consultations ciblées car tout le monde connait le mal guinéen. Il ne faut pas faire d’amalgame autour de l’inclusion. Penser qu’il faut rencontrer tout le monde pour que personne ne se sente exclu en pleine période transitoire est d’une largesse qui nous fait perdre du temps.

Par exemple, face à des centaines de Partis politiques, il aurait fallu convoquer ceux qui ont déjà participé à l’une des 5 élections organisées depuis 2010, sachant qu’il n’y a pas eu de délivrance d’agréments depuis plusieurs années, à ma connaissance.Cette disposition les aurait obligés à intégrer les coalitions existantes, ou à se préparer pour les échéances à venir. Il y a lieu d’assainir ce nombre pléthorique durant la transition.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a compris qu’il fallait décrisper la situation par des symboles concrétisés par le recueillement sur les tombes, la réouverture des frontières, la libération et la libre circulation des personnes, etc.

Vous risquez de faire des mécontents. Sinon que retenir du bilan parlementaire, après une année de fonctionnement ?

Il ne faut pas entrer en politique si vous voulez faire l’unanimité. Pour ce qui est de l’Assemblée Nationale, nous pouvons revendiquer un bilan élogieux au vu de tout ce qui a été réalisé.

Les travaux de rénovation du Palais, associés à la digitalisation. Le vote des 51 lois à la clôture de la session unique. Le plan quinquennal que nous nous apprêtions à poursuivre. La construction du siège de l’institution qui a débuté. Les projets de logements et dans le domaine de l’agriculture pour permettre aux élus d’associer les mandants. La formation des députés et du personnel parlementaire, etc.

Oui, je suis fier de cette 9ème Législature exemplaire.

Vos injonctions à l’endroit du Président déchu, rejoignent les griefs de la junte. Votre formation pourrait-elle intégrer les organes de la Transition pour construite cette Guinée nouvelle ?


Je préfère le mot recommandation. On conseille un Président. On ne lui donne pas des ordres.
Votre question rejoint notre slogan de campagne « Un Guinéen nouveau, dans une Guinée nouvelle ».
Au-delà de la conquête du pouvoir que la GéCi entreprend depuis la Présidentielle de 2010, il y a l’exercice du pouvoir aussi.

Aujourd’hui, nous sommes dans une coalition que nous voulons rendre incontournable pour la suite des événements.

Cette transition peut-elle être l’occasion de voir Cellou Dalein Diallo collaborer avec Sylla Patronat ?

Ils ont déjà travaillé ensemble par le passé, et je ne vois pas ce qui pourrait l’empêcher.
A mon sens, les défis du moment dépassent les querelles de personnes, les agendas cachés ou bousculés et les plans B.

Au niveau de la CORED, nous sommes à l’avant-garde. Nous avions déposé un Mémo auprès des autorités la veille de la concertation avec la classe politique.

Après avoir écouté le Chef de l’Etat qui appelait à l’union sacrée, nous avons invité les coalitions politiques à notre siège de Dixinn, y compris le RPG arc-en-ciel. Les choses tardent à se concrétiser, mais nous restons sereins et forts avec plus de 20 partis agréés composés de beau monde et de compétences dans tous les domaines.

Oui, la CORED peut apporter beaucoup au pays.

Quelle est votre appréciation des injonctions de la CEDEAO ?

Elle est dans son rôle et je regrette les manifestations de colère lors de l’arrivée des Chefs d’Etat. C’est autour d’une table qu’il faut dire les choses à ce haut niveau, même si l’institution est décriée par de nombreux compatriotes.
Il faut éviter de créer des problèmes inutiles qui pourraient nous rattraper, ou toucher nos parents qui vivent dans ces pays.

La Guinée ne peut pas s’offrir le luxe de se détourner des institutions internationales et de nos partenaires.

En guise de conclusion, je dirais que l’espoir est permis. A nous d’en faire bon usage.
Je vous remercie

PROPOS RECUEILLIS PAR KEITA IDRISSA

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