« Le Guinéen aime une chose et son contraire : on ne peut pas applaudir un coup d’État et espérer avoir les droits de l’homme en période d’exception » fustige Alpha Kabine Baro

Le Président de la Nouvelle Génération pour le Panafricanisme Guinéen_NGPG a accordé une interview exclusive à notre rédaction. L’actualité de la Guinée, les nouvelles ambitions de la CEDEAO ainsi que la vacance prochaine de son poste en Octobre ont été abordés sans langue de bois.

1.Que pensez vous des démarches de la CEDEAO?

Je profite de votre tribune pour saluer le choix du Président Emballo. Les démarches immédiates de la CEDEAO sont à saluer vu qu’elles invitent à sursoir aux manifestations de rue et aller vers le dialogue politique.

Rien ne vaut que de se retrouver entre frères pour discuter autour de la table afin d’aller vers le consensus.

2. Le Général Emballo annonce une force anti putsch. Est-ce la posologie indiquée ?

Cette force dépendra de ses attributions et sa gestion du trio de transitions en cours, car on peut être confronté à des problématiques d’invasion par rapport aux souverainetés nationales.

Le meilleur moyen est que les populations soient en mesure de disposer d’une évaluation des candidats aux élections présidentielles. Les armées peuvent être restructurées mais il faut cerner les prérogatives dans ce sens.

L’idée de cette force ne date pas d’aujourd’hui : il y a plus d’une décennie quand le Général Sékouba Konaté siegait au compte de l’Union Africaine, était évoquée la force en attente . Donc au niveau de la CEDEAO , la proposition du Général Emballo n’est pas nouvelle mais pourrait s’avérer utile au plan régional si les prérogatives sont bien définies.

3. Le FNDC a repris du service avec la bénédiction de plusieurs partis politiques. Peut-on dire que le dialogue politique est mort?

Le dialogue a une chance et je rejoins la CEDEAO qui a demandé à sursoir aux manifestations. Sinon on se serait trouvé avec des morts: je m’incline devant la mémoire des victimes.

Aussi, quand il y a des discussions les concessions s’imposent. Nul ne peut imposer ses revendications et prôner la pagaille en prenant en otage la paix sociale. Les rapports de force n’apportent rien et on ira n’ira nulle part.

Tous les leaders d’opinion , moi y compris avons été enlevés , séquestrés ou interpellés. Le 6 Mai 2019, j’ai été conduit vers une destination inconnue contre mon gré.

Nous devons éviter ce contexte de violence que nous avons dénoncé bien avant la Transition.

4. Êtes vous favorable à l’interdiction des manifestations politiques par le CNRD alors que l’article 8 de l’acte fondamental les prévoit?

Le Guinéen aime une chose et son contraire : on ne peut pas applaudir un coup d’État et espérer avoir les droits de l’homme.

Je suis un Vétéran militaire et dans notre corps , on ordonne puis on exécute. Mon équipe avait dénoncé et mis en cause le régime du Pr Alpha Condé durant des années. Pas que nous voulions le déstabiliser où étions contre l’essor de la Guinée, mais pour éviter ce qui se passe actuellement.

Il importe que l’opinion nationale fasse attention à nos interview et prises de paroles. Quand il y a coup d’État , c’est un régime d’exception qui prend forme. Nul ne doit ignorer que la Constitution est suspendue et même si certaines choses figurent dans la charte, nous ne sommes pas dans une situation normale.

C’est pourquoi quand il y a des guéguerres politiques, les situations ouvrant la voie à des exactions et abus de pouvoir prennent forme.

Nous sensibilisons dans ce sens afin que les populations désignent un leader avéré à la magistrature suprême à même d’initier une loi de programmation militaire robuste et adaptée.

Manifester contre les militaires conduira à un lot important de morts avec les projecteurs de la communauté internationale sur nous. La solution est politique car la contradiction des idées doit prévaloir et permettre de faire face à la crise dans un contexte apaisé.

5. Le Président de la transition a décidé de créer une école d’État major. Est ce bien inspiré ?

Je pense que c’est une bonne idée car la création de l’école d’État major permettra d’accroître la capacité opérationnelle militaire de la République de Guinée.

6. Quelle est l’actualité de votre parti politique ?

La NGPG se porte bien et nous faisons partie d’une importante coalition de la Guinée. Il est prévu notre Assemblée générale le 7 octobre qui fera office de congrès : le poste de président sera mis en jeu.

Ainsi, tous ceux qui voudront postuler le feront afin que les assises installent un nouveau bureau. Les délégués trancheront pour que l’opinion sache que nous sommes disciplinés et prônons la démocratie dans nos rangs.

Propos recueillis par KEITA IDRISSA

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